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La mosquée iranienne
La mosquée iranienne
Nous allons visiter tout un tas de mosquées… au moins une par ville et souvent plus…
Mais qu’y a-t-il de spécial dans les mosquées iraniennes ? et entre elles ?
Toutes les mosquées ont une même origine : la maison du Prophète à Médine, qui servait également de lieu de prière et de réunion. Elle se composait d’une grande cour à ciel ouvert, ceinturée d’une clôture en briques percée de 3 portes. Un côté comprenait les chambres d’habitation. Le mur orienté vers La Mecque possédait un toit de feuilles de palmiers soutenues par des colonnes faites de troncs de palmier. Après la mort du Prophète, on construisit sur son emplacement la grande mosquée de Médine, deuxième lieu saint de l’Islam après la Mecque.

Toutes les mosquées ultérieures vont reprendre ces éléments : une grande cour bordée de portiques à colonnades, une partie couverte d’un toit soutenu par des rangées de colonnes, un mur orienté perpendiculairement vers La Mecque (le mur de la qibla).

La grande mosquée de Damas (fondée en 706) est le prototype de la mosquée arabe. La salle de prière hypostyle abrite le mur de la qibla, signalé par la présence d’une niche (le mirhab) et d’une chaire (le minbar). Le minaret apparait un peu plus tard, au IXe siècle.


Les premières mosquées iraniennes, comme celle de Na’in (que nous visiterons) entre le VIIIe et le XI e siècle suivent à peu près le même plan : cour sans iwan, bordée de salles hypostyles. Minaret au plan octogonal. Décor en briques et en plâtre.

Le plan type de la mosquée persane est apparu à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle avec la dynastie seldjoukide. Il associe des éléments du plan « arabe » (la cour à ciel ouvert, le mur de la qibla, la salle de prière couverte) à des éléments empruntés à l’architecture parthe et sassanide (l’iwan, la salle carrée surmontée d’une coupole sur trompes, les voûtes). Le plus souvent la mosquée persane se caractérise par l’emploi de :
- Quatre iwans : un élément architectural qui consiste en un vaste porche voûté ouvert sur un côté par un grand arc. Ces quatre iwans s’ouvrent sur une cou
- un Pishtak : Il s'agit d'un portail en forme d'arc cantonné de deux minarets
- une salle de prière sous coupole. Très souvent également une salle de prière enterrée ou semi-enterrée : le shabestan.



Au centre de la cour se trouve un bassin aux ablutions. Le mirhab et le minbar ornent le mur de la qibla. Dans de nombreuses mosquées, une cavité rectangulaire se trouve devant le mihrab. Elle est destinée à l’iman qui dirige la prière et qui, en se plaçant à un niveau inférieur à celui des croyants, ne gêne pas la louange de Dieu.
Dans les mosquées iraniennes, le mihrab, sorte de niche souvent ornée de deux colonnes et une arcature qui indique la direction de La Mecque, est construit avec divers matériaux et techniques. Les formes abstraites et géométriques, ainsi que les tons blanc-bleu des détails du mihrab sont destinés à inspirer la paix et le silence. Les principaux matériaux de fabrication en sont le bois, la brique, la pierre, et la tuile vernissée. Depuis plusieurs siècles, le plâtre est aussi employé pour décorer le mihrab ; sa malléabilité permettant à l’artiste de réaliser des motifs très fins et variés.
La décoration du portique est censée refléter la géométrie mystique de l’art islamique. La connexion de la voûte d’un portique à la surface de la paroi est réalisée en utilisant la technique muqarnas, une symbolique de la voute céleste. Dans la tradition iranienne, la décoration avec le muqarnas est la phase initiale de la construction des voûtes en stalactite
Nous visiterons à Ispahan deux mosquées qui reflètent particulièrement l’art de leur époque respective : la Mosquée Jâmeh d’Ispahan (époque seldjoukide), et la Mosquée Sheikh Lotfollah (époque safavide).
La mosquée Jâmeh d’Ispahan a été construite au XIe siècle par les tribus turcophones d’Asie centrale ayant migré vers le plateau iranien, la Transoxiane et l’Asie Mineure. Sa façade actuelle date de l’époque seldjoukide, mais la mosquée a connu de nouvelles extensions et rénovations au cours des époques ultérieures en particulier à l’époque des Safavides. Cette mosquée est construite sur un cloître à quatre bases. La surface intérieure de la mosquée, ainsi que les minarets et les tuiles remontent au XVe siècle. Les parties principales de la mosquée comme le shabestân, les piliers circulaires, les corniches, etc., ont quant à elles été construites sous l’ordre de Nezâm-ol-molk (vizir des sultans seldjoukides), et donnent une physionomie particulière à l’édifice.
Le cloître avec le dôme en brique et le toit décoré en muqarnas a été construit au XIIe siècle. Un autre dôme remarquable a été construit en 1060 et ressemble plutôt à un temple du feu. Il est situé dans la partie nord de la cour de la mosquée La plus belle chaire incrustée parmi celles existantes en Iran se trouve dans cette mosquée.

La mosquée de Sheikh Lotfollâh à Ispahan constitue un bon exemple du style propre à l’époque Safavide. Cette période voit l’apparition de dômes massifs, de céramiques de sept couleurs, et d’inscriptions calligraphiques blanches sur fond bleu. Cette mosquée a été construite sur ordre de Shâh Abbâs Safavide durant la première moitié du XVIIe siècle. Elle est hyponyme d’un scientifique religieux libanais venu en Iran et devenu le beau-père de Shâh Abbâs. Le roi a ordonné un réaménagement du bâtiment pour en faire un lieu de prière et de retraite ainsi qu’une école. Elle est unique de par la forme de son dôme et de ses carrelages. Bien que la construction de la mosquée tende vers l’est, sa paroi, vue de l’extérieur, est orientée vers le nord. Sa forme extérieure ne comporte aucun signe d’inclinaison ni d’angle. Le dôme de la mosquée Sheikh Lotfollâh est l’un des rares dômes uni-couverts des Safavides. Les motifs décoratifs bleu-foncé à côté de la couleur crème du fond et des tuiles blanches sont l’une des particularités de cette mosquée. Les parois latérales de la cour sont rehaussées de bleu et comprennent des fleurs, des buissons et une écriture crème. A l’intérieur, les décorations incluent de grandes étoiles jaunes dorées couvertes de liserés entrelacés. Cette mosquée est singulière car elle n’a pas de minaret, et son dôme ainsi que ses deux toits sont monolithiques. Elle est de petite taille, et abrite un petit oratoire.
Pour aller plus loin, consulter :
Guide culturel de l'Iran de Patrick Ringgenberg (dont sont extraits certaines parties de ce texte et certaines illustrations)
http://www.teheran.ir/spip.php?article2373#gsc.tab=0
http://www.teheran.ir/spip.php?article2371#gsc.tab=0
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