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Les routes de la soie


Les routes de la soie

Le terme de « route de la soie » a été inventé à la fin du XIXe siècle par l’orientaliste Ferdinand von Richthofen pour désigner la route commerciale qu’empruntaient dès le début de notre ère les caravanes marchandes reliant l’Orient et l’Occident. Cette route traversait la Perse et l’Afghanistan actuel pour rejoindre la Chine via la région autonome du Xinjiang dans le Turkestan chinois (nommée par les archéologues «Sérinde»). Cette voie commerciale était jalonnée d’oasis qui devinrent d’importants centres du bouddhisme, dont la culture était révélatrice des échanges Orient-Occident.

Les caravaniers allaient chercher, entre autres produits précieux, la soie en Inde ou en Chine en passant par l’Iran, et allaient vendre en Orient l’or, l’argent et la laine d’Occident.

Une petite figurine funéraire de l’époque de la dynastie chinoise des Tang (618-907) atteste des échanges dans le sens Europe vers la Chine, en montrant la figure de l’étranger qui arrive à Chanq’an, la capitale de l’empire et la plus grande ville du monde après avoir parcouru les milliers de kilomètres des routes de la soie.

Les habitants de la vallée de Ferghana, à l’ouest de l’Ouzbékistan, faisaient de fréquentes incursions en Chine. Au IIe siècle avant J.-C., l’empereur de Chine leur déclare la guerre, sans succès. Comprenant que la supériorité de l’ennemi est due à ses chevaux rapides et de grande taille, il change alors de stratégie, essayant la voie diplomatique. Dans cet objectif, il leur envoie une mission chargée de cadeaux, composés notamment de la soie que seuls les Chinois savent produire à cette époque. Le chef de cette mission est emprisonné et passe treize années en esclavage. De retour chez l’empereur de Chine, il persuade ce dernier de rétablir les liens diplomatiques. Sa nouvelle expédition en Ferghana est couronnée de succès : les autochtones acceptent d’échanger la soie chinoise contre des chevaux. C’est le début de la route de la soie.

La partie de la section iranienne de la route de la soie relie Téhéran à Mashhad, ville du nord-est de l’Iran, proche de la frontière avec le Turkménistan. De nos jours, les nombreux caravansérails qui parsemaient cette route sont encore présents - on en compte environ un tous les dix kilomètres - certains sont en ruine, d’autres sont en cours de restauration par les services de l’Héritage Culturel d’Iran. Des variantes existent, passant plus au Sud, par Ispahan et même Persépolis.

Les petits chevaux turkmènes, nombreux dans la steppe, sont indirectement à l’origine de la route de la soie car les Chinois, traversant les cols de montagne, venaient les troquer contre des étoffes de soie. Cette espèce, petite, véloce et rustique, supporte sans souffrir 40° en été et –15° en hiver. Ils sont déjà représentés, avec leur petite silhouette très caractéristique à dos plat sans cambrure, sur les fresques de Persépolis. Au plan spirituel, toutes les religions non chinoises qui ont été diffusées en Chine sont arrivées de l’Iran par la route de la Soie. Les grandes religions que sont l’islam, le christianisme et le judaïsme ont d’abord traversé l’Iran pour arriver en Chine, diffusées par des Iraniens dès le VIIe siècle de l’ère chrétienne.

De nos jours, la route de la soie n’est plus parcourue, comme autrefois, par les interminables méharées de chameliers, remplacées par une file ininterrompue de camions transportant d’importants tonnages. Elle a en outre été complétée à la fin du XXe siècle par une ligne ferroviaire au départ de Mashhad qui dessert le Turkménistan et a été prolongée jusqu’au golfe Persique et, dans la partie nord-ouest de l’Iran de Tabriz à Van en Turquie, reliant ainsi cette nouvelle route de la soie à l’Europe.

Pour aller plus loin :

un article de la bibliothèque Clio : "La « route de la Soie » Histoire du commerce et des transferts de techniques avant le XIe siècle" par Lucette Boulnois

Sans parler de la « nouvelle route de la soie » lancée par la Chine….

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